Cette
souche d’abeille provient de l’est de la Russie dans une région appelée
Primorsky. Des reines furent importées
aux États-Unis en 1997 par le USDA-ARS dans le but de déterminer la résistance
à la varroase. Ce stock fut ensuite mis à la disposition de l’industrie apicole
américaine en 1999. L’Association des Apiculteurs de l’Ontario (OBA) importa de
la semence et des œufs en 2000 pour ainsi débuter le projet du Programme
d’Élevage de l’Abeille Russe. Geoff
Wilson, étudiant universitaire sous la tutelle du Dr. Medhat Nasr, spécialiste
en recherche apicole pour l’OBA, s’occupa de mener à terme ce projet. En 2002, le projet de l’abeille russe fut
transféré entre les mains de François Petit, éleveur d’abeille de l’est de
l’Ontario, pour continuer ce projet à long terme.
François
Petit a débuté son apprentissage dans l’apiculture en 1991 et il a effectué
l’élevage de reines depuis 1995.
François est membre de l’OBA (Ontario Beekeepers’ Association) et de
l’OBBA (Ontario Bee Breeders’ Association) depuis 1997. François est entouré d’une équipe dynamique
d’apiculteurs sérieux qui l’assistent dans ce travail méticuleux.
1.
Diriger un programme d’élevage en population
fermée pour maintenir la pureté de la souche russe dite Primorsky. Objectif
accompli.
2.
Continuer les importations annuelles (2002-2005)
des nouvelles familles (lignées) russes disponibles aux États-Unis. Objectif accompli.
3.
Sélectionner en premier lieu pour accroître la
résistance génétique à la varroase et l’acarien, et en deuxième lieu pour
l’amélioration des caratéristiques de base.
4.
Distribution de la souche Primorsky sous forme
d’œufs, de cellules, de reines fécondées et nucléis; à l’échelle nationale et
internationale.
La souche d’abeille de type Primorsky est élevée selon le modèle de
Population Fermée. Cela signifie que
seulement les colonies d’abeilles russes pures sont incluses dans ce
programme. Les reines russes pures sont
greffées de colonies d’abeilles russes pures sélectionnées comme reines-mères,
et qui sont fécondées par des mâles
(faux-bourdons) provenant eux aussi de colonies d’abeilles russes
sélectionnées.
Cette
méthode d’élevage ne permet pas d’y inclure des abeilles de différentes
races. Pour atteindre cet objectif nous
devons faire usage d’une station de fécondation isolée. Ce rucher est situé de façon à s’assurer
qu’aucune autre colonie d’abeilles n’est à proximité. Ainsi, aucun mâle de source inconnue ne peut féconder les reines
vierges russes que nous produisons.
Seuls les mâles russes provenant des colonies russes de notre programme
sont capables de féconder les filles élevées des reines-mères. Nous avons obtenu de bons résultats jusqu’à
présent. L’uniformité de la couleur
foncée des ouvrières de la colonie nous indique le degré de pureté de la fécondation. Nous avons sélectionné cette uniformité
depuis 2003. En conséquent, la souche
russe pure que nous avons maintenant est presque 100% foncée.
Nous gérons
les ruches avec du matériel standard Langstroth, une hausse de 10 cadres à
couvain par ruche avec une grille à reine séparant les hausses à miel. Nous avons adopté la méthode IPM (Integrated
Pest Management) de lutte intégrée à la résistance aux maladies.
En tout, il
existe présentement 14 familles divisées en 2 blocs. À chaque année, nous élevons des filles de chaque famille
appartenant au 1er bloc.
L’année suivante, nous faisons de même avec les familles du 2ième
bloc, et ainsi de suite. Plusieurs
familles de la souche Primorsky sont maintenues à chaque nouvelle génération.
Chaque
nouvelle reine pure russe est étiquettées (ou marquées) et une paire d’ailes
coupées pour fin d’indentification.
Ensuite celles-ci sont introduites pour remérer des colonies de
production, ou simplement hivernées
dans leur nucléis. La saison suivante,
elle sont gérées normalement pour la production du miel et de nucléis. Toutes les colonies sont gérées
similairement. Nous produisons 1 nucléi
par ruche, par saison. Nous ne
déménageons pas les colonies pour la pollinisation. Les traitements pour la varroase, l’acarien et la nosémose sont
données aux ruchers entiers, dépendamment du niveau d’infestation, s’il excède
une marque pré-établie.
Notre
objectif est de traiter pour les mites et la nosémose le moins possible,
seulement lorsque nécessaire. Au cours
des années, nous en sommes parvenus à omettre le traitement du printemps contre
les mites, pour ne traiter qu’une fois par année en septembre. Nous espérons pouvoir sélectionner pour la
résistance à la nosémose en utilisant la même approche : ne traiter qu’une
seule fois par année, et sélectionner les colonies détenant les niveaus de
nosémose les moins élevés pour la production de la nouvelle génération.
Ainsi,
toutes les colonies appartenant à un rucher particulier sont soumises aux mêmes
traitements et manipulations. Nous
pouvons alors comparer les colonies d’un rucher à la moyenne du rucher en
question, afin de déterminer la performance individuelle de chaque
colonie. Chaque rucher se retrouve sous
des conditions environnementales différentes, alors les colonies peuvent
produire plus ou moins de miel selon la location, pas nécessairement à cause de
la génétique. De plus, le niveau de
mites peut varier grandement d’un rucher à un autre, affectant aussi la
performance des colonies d’un rucher à
l’autre.
Chacune des
colonies d’abeilles russes est évalué et données une note(1-7, 7 étant la note
la plus élevée) pour les critères de bases suivants: population et réserve à la fin de l’hivernement, fécondité de
la reine, répugnance à l’essaimage, longévité de la reine, tempérament,
tranquillité sur le rayon, consanguinité, propreté et résistance aux maladies
du couvain. Les colonies démontrant
des lacunes, c.ad. recevant une note médiocre (1 à 4) <5 sont disqualifiées
du programme d’élevage. C’est la
pré-sélection. N’importe quelle colonie
obtenant une note <5 est disqualifiée, même si les autres notes sont
élevées. Nous tachons de maintenir un
comportement minimum requis pour tous les traits recherchés (note = 5). Voyez les Tableaux de Critères de Sélection
Ensuite
vient une série de tests quantitatifs pour finaliser la sélection. Ces tests incluent : production de
miel, comportement hygiénique, population varroase en fin de saison, Quick-Test
pour l’acarien (ce test est temporairement suspendu à cause d’un manque de
colonies infestées dans la province), niveau de nosémose annuel. Les meilleures reines sont sélectionnées
selon leur résultats et classifiées reines-mères pour la production de vierges
ou de mâles.
Au début de la seconde saison de production, 1 reine-mère sélectionnée de chaque famille est utilisée pour produire la prochaine génération de filles. Il a été observé et documenté par les rechercheurs du monde entier que certaines traits sont mieux transmis par la mère, et d’autre par les mâles. Alors, nous avons concentré nos efforts de sélection en regardant plus particulièrement à la mère pour certains traits, et aux mâles pour d’autres traits.
Or donc, nous avons décidé que les mères pour la production des vierges seraient sélectionnées en regardant principalement aux résultats des tests suivants : comportement hygiénique, population varroase en fin de saison et la production de miel, tout en gardant à la vue les autres traits de bases et résultats de tests. Ces reines –mères pour la productin des vierges sont utilisées durant leur seconde saison, et parfois dans leur 3ième saison si elle s’avèrent encore productive et fortes au printemps.
Les reines-mères pour la production des mâles doivent être sélectionnées en grande quantité, alors le processus de sélection est moins stricte. Le tempérament et la répugnance à l’essaimage sont transmises en grande partie par les mâles, alors nous favorisons ces traits dans notre sélection de ces colonies; tout en gardant à l’œil les autres traits de bases et quantitatifs. Afin de maintenir une variation génétique, et éviter la consaguinité, il est nécessaire de croiser les vierges d’un bloc avec des mâles provenant des 2 blocs si possible. Alors, nous avons décidé d’utiliser des reines d’un an appartenant au bloc opposé pour produire les mâles, si ces colonies démontrent une supériorité des traits mentionnés ci-haut - le tempérament, la répugnance à l’essaimage, ainsi que la consanguinité; même si celles-ci n’ont pas passé à travers tous le processus de sélection quantitatif. Les colonies de mâles sont donc utilisées dans leur 1ère et 2ième saison. Les reines de 3 ans commencent à être beaucoup moins productives, et ne sont donc pas utiles pour la production de mâles, alors nous ne les utilisons pas.
Nous utilisons les logiciels Excel et Access
pour la tenue des records et l’analyse des résultats. Chaque colonie est aussi
numérotée et étiquettée. Chaque reine
possède aussi un numéro séquentiel unique.
Nous sommes inspectés régulièrement par les
Inspecteurs Apicoles provincial pour les maladies du couvain; un échantillonnage
composé de chaque rucher est envoyé au Laboratoire apicole pour le dépistage de
l’acariose. L’acariose a été détecté
dans notre opération, mais à des niveux infimes. Nous avons par contre détecté la varroase résistante au
fluvalinate (Apistan) depuis l’été 2002.
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Des Pèlerins
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December 2009