Nous
observons et évaluons les colonies d’abeilles russes pures à chaque saison pour
les caratéristiques suivantes :
Hivernement, Tempérament, Consanguinité, Longévité et Prolificité de la Reine,
Répugnance à l’Essaimage, Résistance aux Maladies du Couvain et Tranquilité des
Abeilles sur le Rayon. Ces résultats
sont enregistrés dans une banque de données.
Nous faisons l’analyse des données pour faire une pré-sélection. C’est la première étape.
Ensuite ces
colonies pré-sélectionnées sont soumises à 4 ou 5 tests afin de réaliser
les objectifs établis du projet de l’abeille russe. Pour ce faire nous avons
divisé les familles en 2 blocs séparés.
À chaque saison, nous évaluons un bloc et nous élevons la prochaine
génération à partir de l’autre bloc. L’année
suivante, nous réversons le processus.
Ainsi, toutes les familles sont évaluées et reproduites à toutes les 2
années, en succession continuelle.
SAISON
0 - La reine est élevée et introduite
dans une colonie ou un nucléi.
SAISON 1 - La
colonie est en mise en production de miel et nucléi. Elle est aussi évaluée et soumise aux 4 ou 5 tests
d’Évaluation de la Performance.
SAISON 2 – Les
reines sélectionnées sont utilisées pour élever la prochaine génération. Elles sont classifiées Reines Sélectionnées
et peuvent être utilisées pour la production de vierges ou mâles.
SAISON 3 - Les
meilleures Reines Sélectionées, celles sortent de leur 2ième hiver
en bonne condition sont classifiées comme Reproductrices, et sont utilisées
pour la grande production de reines destinées pour la vente.
Les Tests
d’Évaluation de la Performance sont effectuées durant la Saison 1. Ces
tests sont le test de la Production du Miel, le Test Hygiénique,
le Quick-Test, le Test 24-Heures et le Test de la Nosémose.
L’équipe du Tech-Transfer de l’OBA font aussi l’analyse d’échantillon
s d’abeilles
pour chaque reine pré-sélectionnée. Ils
déterminent la quantité de varroase par 100 abeilles; ils donnent le
pourcentage d’abeilles infectées par les acariens. Finalement, ils évaluent le niveau d’infection de la nosémose (le
Test de la Nosémose).
Ce test
mesure le niveau de comportement hygiénique de la colonie. Deux gènes récessifs sont responsables
d’exhiber ce trait, utile afin de contrôler la Varroase, ainsi que la loque
américaine et européenne. Lorsque le
premier gène est présent dans la colonie, celle-ci est capable de détecter une
infection du couvain operculé et les abeilles vont désoperculer les cellules
affectées. Le deuxième gène fait en
sorte que les abeilles vont nettoyer le contenu de la cellule pour évacuer
celle-ci, dans le but de contrecarrer
l’infection ou l’infestation.
Ces deux gènes doivent être présents chez la majorité des abeilles de la
colonie pour que la colonie soient condidérés hygiéniques.
Ce test est
effectué en versant de l’azote liquide sur un nombre pré-déterminé de cellules
de couvain operculé du bon âge, afin de tuer la nymphe à l’intérieur, sans
toutefois affecter l’opercule. On
replace le cadre de couvain dans la colonie pour une durée de 24 heures
environ, puis on le réexamine pour compter combien de cellules mortes ont été
désoperculées et vidées. Cela nous
donne un pourcentage indiquant le degré de comportement hygiénique.
Les
résultats sont classifiés en 4 groupes distincts indiquant le rendement
hygiénique. Seuls les colonies
appartenant aux groupes 1 sont utilisées comme Reproductrices de la prochaine
génération.
Groupe 1 75-100 %
Groupe 2 50-75%
Groupe 3 25-50%
Groupe 4 0-25%

Un cadre démontrant un comportement hygiénique
Ce test
mesure la capacité de résistance de la colonie à l’infestation de l’Acarien. Cette mite microscopique vit dans la trachée
respiratoire de l’abeille. Afin de
faire ce test, nous devons avoir recours à l’équipe du Tech-Transfer de
l’OBA. Il faut prélever un cadre de
couvain émergeant et l’envoyer ou l’apporter à la station de recherche à un
temps fixé. Les techniciens apicoles
s’occupent du reste. Les abeilles sur
le cadre sont enlevées et le cadre est introduit dans une cage conçu pour
incuber un cadre à la fois, ce qui permet aux abeilles émergeantes d’être
recueillies et identifiées à l’aide de disques numérotées, collées sur chaque
abeille. Les abeilles sont ensuite
réintroduites dans des colonies infectées.
Les premiers 7 jours d’une abeille sont les plus susceptibles à
l’infestation. Une semaine plus tard,
les abeilles sont recueillies de nouveau, triées et analysées au laboratoire
pour la présence de mites dans la voie respiratoire. Le niveau de résistance est déterminé de deux façons.
La prévalence
indique le % d’abeilles qui
furent infectées. L’abondance
est un calcul de la moyenne indiquant combien de mites furent trouvées dans
chaque abeille. Ces résultats sont mis
en graphique et analysés statistiquement pour sélectionner les meilleures
colonies. Les colonies testées sont
classifiés en 4 groupes. Le groupe 1
correspond aux plus résistantes, tandis que les colonies du groupe 4
sont les moins résistantes. Les colonies
des groupes 1 et 2 sont utilisées comme Reproductrices, afin de
provouvoir la résistance aux acariens à la prochaine génération.
Ce test ne fut
pas effectué depuis 2006, puisqu’il est impossible de trouver des colonies
naturellement infectées pour y introduire les abeilles émergeantes.

L’équipe Tech-Transfer de l’OBA au travail
Étiquetage des abeilles
Ce test
relativement simple mesure le niveau de résistance de la colonie à la
varroase. Celle-ci ne peut pas être
complètement éliminée, mais elle peut être contrôlée avec succès. Vu que la population varroase augmente
durant la saison de couvain active, nous pouvons en déduire que cette population
atteindra son maximum à la fin de l’été, vers le mois de septembre. Ce test consiste à mesurer le nombre
de mites qui meurent de cause naturelle, sans produit chimique ou
organique. La recherche nous a démontré
que la population varroase dans une colonie est proportionelle aux nombres de
mites mourrant naturellement en 24 heures.
Alors si la population varroase est basse, il y aura moins de mites qui
mourront de cause naturelle. En
comparant les colonies d’un même rucher, nous pouvons déterminer lesquelles
possèdent une population varroase inférieure aux autres, indiquant ainsi une
résistance accrue à la varroase.
Pour ce
faire, nous posons un carton gommé recouvert d’un grillage 8x8, en-dessous de
la colonie sur le plateau pour une période de 24 à 48 heures environ. Ceci permet aux mites mortes de tomber sur
le carton, celui-ci étant gommé empêche les mites de glisser par terre lorsque
nous recueillons le carton pour l’analyse.
Le grillage empêche les abeilles de nettoyer le carton. Ceux-ci sont marqués avec le numéro de la
colonie, la date et l’heure d’insertion et de recollection. Ensuite les cartons
sont examinés et les varroas sont comptés et enregistrés pour chaque colonie
ainsi testée. Nous faisons ce test pour
toutes les colonies pré-sélectionnées durant la première semaine du mois
de septembre.
Nous
calculons ainsi le # de mites/24 heures, la moyenne du
rucher/24 heures et la différence entre la valeur de chaque colonie
et la moyenne du rucher. Cette approche
prend en considération les facteurs environementaux de chaque rucher. La résistance est déterminée par la différence. Si l’écart de la colonie est négatif, alors
le # de mites dans la colonie est inférieur aux autres colonies du même
rucher. Cette colonie est donc considérée
résistante.

Installation du carton gommé
Nous mesurons
la production de miel en pesant les hausses lors de la récolte à l’aide d’une
balance à ressort installée sur le bras mécanique Easy Loader. Nous enregistrons le nombre de hausses aussi
en même temps. Nous calculons le poids
net du miel en soustrayant le poids moyen des hausses vides. Ainsi, nous sommes en mesure de sélectionner
les meilleures productrices de chaque famille.
Nous pouvons aussi comparer les colonies avec la moyenne de chaque
rucher correspondant, ce qui donne une évaluation objective. Durant une saison donnée, les conditions
climatiques et la flore peuvent varier d’un rucher à l’autre, affectant ainsi
la production totale d’un rucher. En
comparant avec la moyenne du rucher, nous éliminons ces facteurs. Les colonies qui ont produit plus que la
moyenne sont véritablement supérieures, même si leur production totale de la
saison est basse, comparativement aux autres colonies des autres ruchers.
De Retour À La Miellerie Des Pèlerins
Page révisée le 30 décembre 2009